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Conventions d'écriture et prononciation du chinois

Comme chacun sait (nos connaissances du Chinois écrit s'arrêtent souvent là), l'écriture de la langue chinoise ne repose pas sur un alphabet permettant la construction phonétique des mots parlés, mais sur des idéogrammes, simples ou composés, restituant à eux seuls des idées-mots.

Comptez les mots de votre dictionnaire et imaginez que votre alphabet compte autant de lettres, et vous aurez une idée de la difficulté d'apprendre à écrire le Chinois.

On comprend par ailleurs la nécessité des occidentaux de retranscrire les mots chinois dans leur alphabet. Bien sûr le fait que cet alphabet connaisse des variations de prononciation d'une langue à l'autre amène de multiples orthographes lors des transcriptions.

Ainsi le nom propre "Tchèngue" s'écrira Tcheng dans la sphère francophone et Chang dans la sphère anglophone.

Si l'on ajoute à cela que le Chinois comporte des sonorités que nous n'avons pas, souvent intermédiaires entre deux de nos sonorités, on comprend que, selon la sensibilité de l'oreille de celui qui transcrit, le choix se portera sur l'une ou l'autre des approximations (ex. Tao ou Dao).

De tout cela résulte un foisonnement d'orthographes et de prononciations fantaisistes pour un même mot, ce qui a conduit à l'adoption d'une convention d'écriture internationale pour la transcription du Chinois : le PinYin.

Bien sûr, comme tout compromis, cela entraine des difficultés pour chaque point de vue, et donc notamment en Français, la prononciation du PinYin est tout sauf intuitive.

C'est pourquoi nous avons choisi dans ce site de garder l'orthographe française, et de laisser la souris vous présenter la transcription PinYin.

Dans une liste volontairement sélective, à l'usage des mots qui nous intéressent, nous vous proposons donc, pour chaque sonorité à problème : un mot exemple, dans l'orthographe phonétique française traditionnelle, la transcription PinYin, et un point sur la bonne prononciation.

Le T à la française
Comme dans Tai Chi (Le Grand Ultime, l'Energie Universelle) :
En PinYin : Tai Ji. Pas de surprise, au moins sur le premier mot.
Le son entre T et D
Comme dans Tao (La Voie) :
En PinYin : Dao. La vérité est entre les deux : formez un D et, comme pour un T, rapprochez la langue des dent pour bloquer l'air puis faire "claquer" la sonorité.
Le son entre B et P
Comme dans Ma Pou (La position du cavalier) :
En PinYin : Ma Bu. Là encore, commencez comme un B, puis faites "exploser" un peu plus l'air expulsé, pour vous rapprocher de la sonorité du P.
Le son entre G "dur" et K
Comme dans Pa Kua - ou Pa Kwa (Les huit directions) :
En PinYin : Ba Gua. Là encore, commencez comme un G, puis collez d'avantage la langue au palais pour vous rapprocher de la sonorité du K.
Le son "dzz"
Comme dans Lao Tseu.
En PinYin : Lao Zi. On dira bien Dzeu et pas Dzi. Mais la voyelle est à peine audible, et il s'agit d'un son 'Dzz' bourdonnant difficile à prononcer comme les Chinois…
Le son "oung"
Comme dans Kung Fu, (l'art martial Kung Fu Wu Shou) :
En PinYin : Gong Fu. On formera une voyelle entre le 'O' et le 'Ou'.
Le son "tch"
Comme dans Chi (l'énergie) et Qi Gong (le travail sur l'énergie) :
En PinYin : Qi et Qi Gong.
Le son entre "dj" et "tch"
Comme dans Tai Chi (Le Grand Ultime, l'Energie Universelle) :
En PinYin : Tai Ji. Prononcez "Dj" tout en faisant chuinter légèrement plus.
De même le PinYin : Jing se prononce en shuintant, "DJHING". À noter que du fait du caractère explosif de ce son, les premiers occidentaux ont entendu "King".
D'où les erreurs de transcription sur les mots Jing (en chinois il y a de nombreux mots homonymes, que seul l'accent tonique permet de distinguer) :
  • Jing (la Capitale) : Les villes de Bei Jing (La Capitale du Nord) et Nan Jing (La Capitale du Sud) furent orthographiées Peï King et Nan King et devinrent en Français Pékin et Nankin.
  • Jing (Le Livre de référence, ou Traité) :
    Le Dao De Jing (Le Traité de la Voie et de la Vertu, de Lao Zi) fut écrit Tao Tö King, le Yi Jing (Le livre des mutations) fut écrit Yi King
Le son "ch"
Comme dans Tui Shou (Les poussées de mains) :
En PinYin : Tui Shu. Lorsque l'on écrit "Sh", on ne prononce pas de T comme avec Ch.
Le son S chuintant
Comme dans la ville de "La Paix de l'Est" : XiAn
Détacher les 2 syllabes : Xi (L'est) et An (La paix).
La plupart du temps on pourra prononcer comme notre S : 'Si-Anne'. On peut aussi chuinter d'avantage, comme avec un cheveu sur la langue. La prononciation varie avec les nombreux accents du territoire chinois.
Elle est communément chuintante, cependant, pour le mot Merci :
en PinYin : Xieh-Xieh. Prononcez le S en chuintant plutôt que de dire "Chier-Chier" !

Vous voilà prêt à lire le Chinois dans le texte PinYin !

Quand à l'écriture chinoise idéogrammatique, pour les Chinois eux-mêmes, son apprentissage est long.

Pour un usage courant il revient à connaître environ 5000 signes.

Cependant l'avantage d'une langue écrite exprimant des concepts et non de la phonétique, est que la diversité des populations chinoises, parlant des langues orales diverses, peuvent utiliser une écriture commune, et se comprendre à l'écrit même s'il ne se comprennent pas toujours à l'oral.

En effet les Chinois ne parlent pas tous la langue officielle, le Chinois mandarin, utilisé initialement par la population Han du bassin pékinois et du littoral environnant.

Pour les lettrés, la langue comporte de 12000 signes à plus du double si l'on compte les anciens idéogrammes qui ne sont plus utilisés de nos jours que pour la phonétique des vieux mots mandarins qu'ils expriment, appliquée à la transcription des marques commerciales et noms propres… de l'occident !